Stop aux discriminations à l’école

Égalité des chances, école pour tous. Que se passe-t-il quand ces slogans ne sont pas respectés ? Le droit de chacun à l’Éducation et le principe de non-discrimination sont gravés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Pourtant, chaque année, des petits et grands écoliers sont victimes de discrimination à l’école. Qu’est-ce que la discrimination en milieu scolaire ? Comment se défendre contre les idées reçues et faire valoir ses droits ? Focus sur des inégalités qui entravent l’avenir. 

Reconnaître les discriminations à l’école 

Liberté, égalité, fraternité ? 

L’école est la première institution avec laquelle on interagit. Pour certains, c’est plutôt qui s’y frotte s’y pique. L’école est au cœur de plusieurs enjeux : on y grandit, on s’y sociabilise, on y apprend, on y construit notre futur. Les sciences sociales ont montré à quel point l’école ne parvient pas à gommer les inégalités. Son système tout entier trie, sélectionne, cloisonne, oriente les élèves dans un jeu de chaises musicales bien orchestré. Ainsi, les filles pourtant plus brillantes dans leur scolarité se retrouvent dans les filières moins sélectives. Les garçons d’origine maghrébine ou africaine viennent grossir les rangs des Segpa pendant que les enfants de milieux sociaux moins favorisés font moins d’études supérieures. Le ver est dans la pomme. À compétences égales, l’école opère des directives, des choix et des orientations discriminantes. On parle de discriminations systémiques quand c’est le système dans son fonctionnement intrinsèque qui met certain(e)s jeunes de côté. Ces discriminations-là sont souterraines et bien difficiles à combattre sans changer les mentalités et les façons de faire. 

D’autres discriminations à l’école existent. Elles ciblent un élève ou étudiant en particulier par des comportements qui visent à le mettre de côté. Elles sont fondées sur des préjugés. La discrimination fonctionne par distinction, exclusion ou limitation. Nous ne parlons pas ici de harcèlement scolaire mais bien d’une mise à l’écart volontaire par l’école elle-même. Elle peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir par exemple d’un refus d’aménagement raisonnable pour un enfant porteur de handicap, de propos dégradants, de mise à l’écart de certaines pratiques ou apprentissages, de refus d’accès à la cantine pour motif religieux. La liste n’est pas exhaustive, en humiliation, l’humain a beaucoup d’imagination. Il reste important de faire la distinction entre discriminations et contraintes pédagogiques. Avec la meilleure volonté du monde, une équipe ne pourra pas faire de miracles si elle manque de moyens humains et financiers et de formations à certaines problématiques. 

Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? 

Un préjugé, c’est quand on me colle une étiquette dans le dos et qu’on pense que je suis ce qui est écrit sur l’étiquette. On me range dans une boîte en oubliant que je suis une personne à part entière avec mon histoire, mon potentiel et mes capacités. La discrimination me met à l’écart et porte atteinte à qui je suis. À l’école, au collège, au lycée, dans mes études supérieures ou dans ma recherche de stage, je peux être victime de traitements inégalitaires pour des motifs non valables. Il s’agit le plus souvent de clichés, d’idées reçues ou de légendes urbaines. On peut s’en prendre à moi, à mes parents ou à ma famille. Les discriminations se font autour de plusieurs thématiques cumulables : 

  • Je n’ai pas beaucoup d’argent
  • J’ai une double culture
  • Je suis une fille
  • Je suis étranger(e) ou réfugié(e)
  • J’appartiens à une communauté
  • Je suis Noir(e), Beur(ette), Métis(se) ou de couleur
  • Je suis homosexuel(le)
  • Je suis handicapé(e)
  • Je crois en un autre dieu
  • Je suis le fils/la fille d’un bandit de grand chemin
  • J’habite dans une cité
  • Je suis malade
  • J’ai un physique atypique 

Combattre la discrimination à l’école 

Affaire personnelle 

La discrimination attaque, elle s’en prend à moi personnellement. Si je laisse passer, elle deviendra une habitude. En grandissant, on continuera de me mettre de côté et je finirai par trouver cela normal, je passerai à côté d’opportunités et ne pourrai pas construire le futur que je souhaite. Au quotidien, la discrimination blesse, je perds confiance en moi, j’en veux à mes parents d’être qui ils sont et à la société de ne pas nous prendre tels que nous sommes. Je n’ai plus confiance en l’école et finis par ne plus travailler. Je me mets à l’écart et me retrouve marginalisé(e), incapable de renouer des liens avec mes camarades ou professeurs. La spirale s’installe : mal-aimé(e), mal dans ma peau, triste et déprimé(e). 

Au-delà de la souffrance, la discrimination est un délit puni par la loi d’amendes et de peines d’emprisonnement. Il est donc important de ne pas laisser passer les paroles et les actes discriminants et de défendre ses droits. Voici quelques conseils : 

  1. Connais tes droits. Les enfants et les mineurs sont particulièrement protégés par la loi. Quelle que soit ta situation, il y a une loi qui s’applique pour assurer ta protection.
  2. Ne laisse pas la situation s’installer. La discrimination est grave. Prends des notes ou conserve les éventuelles preuves.
  3. Sors du silence. Parler soulage et permet de partager son ressenti. Prendre la parole c’est aussi témoigner pour les autres jeunes discriminé(e)s qui n’osent pas s’exprimer.
  4. Fais-toi aider d’un adulte. Un adulte pourra t’épauler et t’orienter sur le chemin du respect de tes droits.
  5. Laisse la violence de côté. Te montrer violent ne fera qu’accentuer les préjugés.
  6. Sois fier(e) de qui tu es. Tu n’as pas à rougir de tes origines, de la couleur de ta peau, de ton sexe, de tes convictions. Tous ces éléments contribuent à faire de toi qui tu es : un humain à part entière, un individu unique qui peut dessiner les lignes de son avenir

Les personnes clés 

La lutte contre les discriminations est une démarche de société. Il est important de bien s’entourer pour faire entendre sa voix, faire respecter ses droits et changer les mentalités. Plusieurs personnes peuvent t’aider à dire non aux discriminations : 

  • Les partenaires éducatifs. Les parents, enseignants, professeur principal, CPE, maître de stage, chef d’établissement et médiateur académique sont les premiers à pouvoir prendre la mesure de ce qui se passe et proposer des médiations. 
  • Les associations de lutte contre les discriminations. Elles s’occupent chaque jour de situations discriminatoires, elles sauront soutenir, informer et proposer des solutions. Parmi elles, on peut citer : 

SOS racisme 

servicejuridique@sos-racisme.org
01 40 35 36 55 mardi, jeudi et vendredi de 10h30 à 13h

SOS homophobie

01 48 06 42 41 

Aide handicap école 

0 800 730 12 du lundi au vendredi de 9h à 17h 

  • Le défenseur des droits. Il intervient, enquête et représente la loi. On peut le saisir quand on est mineur et c’est gratuit ! Tel. 09 69 39 00 00 du lundi au vendredi de 8h à 20h. Et voici le site : www.defenseurdesdroits.fr